NLS-Quebec : lettre d'information publique 2

Sur les rêves : Papers

Vous trouvez à partir de ce lien les numéros de Papers qui traitent tous du rêve :

https://congresoamp2020.com/fr/articulos.php?sec=el-tema&file=el-tema/papers.html

Papers est la revue électronique en vue de la préparation du XIIº Congrès de l'Association Mondiale de Psychanalyse (AMP) qui se tiendra à Buenos Aires du 13 au 17 avril 2020 sur le thème :

« Le rêve, son interprétation et son usage dans la cure lacanienne ».

 

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Per via di voutare

Claudia Iddan

Freud caractérise la technique psychanalytique en utilisant l'une des formules de Leonardo da Vinci sur la manière de fabriquer l'art : per via de levare, c'est à dire par une opération de soustraction liée à l'interprétation. Cependant, je voudrais ajouter une autre formule qui me semble plus fidèle à la pensée du dernier Lacan : per via di voutare, proposée par Gérard Wajcman [1], en rapport avec le ready-made de Marcel Duchamp. Formule qui se réfère à l'acte de vider.

Deux citations de Lacan mettent en relief cet aspect par rapport à l'interprétation :

A – « L'interprétation […] n'est pas interprétation de sens, mais jeu sur l'équivoque […] c'est lalangue dont s'opère l'interprétation [... L'interprétation], ça doit toujours être [...] le ready-made de Marcel Duchamp [...] L'essentiel qu'il y a dans le jeu de mots, c'est là que doit viser notre interprétation, pour n'être pas celle qui nourrit le symptôme de sens [2]. »

Mots clés: l'équivoque, lalangue et ready-made.

Par l'interprétation ready-made, assemblage de l'énoncé « quotidien » du parlêtre et de lalangue, c'est l'équivoque qui se manifeste et avec lui émerge l'essentiel : le vide élevé à la Dignité de l'Achose qui n'ajoute aucun sens au symptôme.

B – « Quand l’esp d’un laps [...] l’espace d’un lapsus, n’a plus aucune portée de sens (ou interprétation), alors seulement on est sûr qu’on est dans l’inconscient[3]. »

Mots clés: espace, sans portée de sens ou interprétation, inconscient.

Quand peut-on être sûr d'être dans l'inconscient? Quand il n'y a plus de sens ou d'interprétation, quand il y a une coupure de la chaine signifiante qui cerne l'Un. Cela met en relief le fait qu'à ce moment-là nous sommes dans un espace vide d'articulation signifiante: un réel. Cet espace-vide se croise avec le vide de l'objet de la pulsion et celui du noyau du symptôme et c'est par la voie de l'itération de l'Un que ces croisements délimitent un trou, un voutare qui touche ou fait résonner l'objet a, « l'entreprêt [4] ».



[1] Wacjman, Gérard, L'objet du siècle, Éditions Verdier, Lagrasse, 1998, p. 90.

[2] Lacan, Jacques, « La Troisième », La Cause Freudienne n° 79, Navarin Éditeur, p. 20 et 24.

 

[3] Lacan, Jacques, « Préface à l'Edition anglaise du Séminaire XI », The Lacanian Review 6, “¡Urgent!”, NLS, Paris, 2018, p. 22.
 

[4] Lacan, Jacques, « Télévision », Autres écrits, Seuil, Paris, 2001, p. 545.

 

 

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Per via di voutare

Claudia Iddan

Freud characterises the psychoanalytic technique using one of Leonardo da Vinci’s formulas on how to make art: per via de levare, that is, by a subtraction operation linked to interpretation. However, I would like to add another formula which seems more faithful to the thought of the last Lacan: per via di voutare, proposed by Gérard Wajcman [1] in connection with the ready-made of Marcel Duchamp. A formula which refers to the act of emptying [vider].

Two quotations from Lacan highlight this aspect in relation to interpretation:

A – “Interpretation […] is not interpretation of meaning, but plays on the equivoque […] it is through language that interpretation operates [….] Interpretation must always be a ready-made, after Marcel Duchamp […]. Our interpretation should aim at what is essential in wordplay in order not to be the one that feeds the symptom with meaning.”[2]

Keywords: equivoque, lalangue and ready-made.

By way of the ready-made interpretation, assemblage of the “daily” utterance of the parlêtre and lalangue, it is the equivocal that manifests, and with it the essential emerges: emptiness raised to the Dignity of the Thing [l’Achose] that does not add any meaning to the symptom.

B – “When the l’esp of a lapse […] the space of a lapsus, has no further meaningful scope (or interpretation), only then is one certain of being in the unconscious.”[3]

Key words: space, without meaning or interpretation, unconscious.

When can we be sure of being in the unconscious? When there is no longer any meaning or interpretation, when there is a cut in the signifying chain which encircles the One. This highlights the fact that, at this moment, we are in a space emptied of meaningful articulation: a real. This empty space intersects with the emptiness of the object of the drive and that of the core of the symptom, and it is by the iteration of the One that these crossings delimit a hole, a voutare which touches or makes resonate the object a, “the inter-loan [l'entreprêt].” [4]

Translated by Joanne Conway



[1] Lacan, Jacques, “The Third”, The Lacanian Review 7, “Get Real”, NLS, Paris, 2019, p. 98.


[2] Ibid.

[3] Lacan, Jacques, “Preface to the English Edition of Seminar XI”, The Lacanian Review 6, “¡Urgent!”, tr. R. Grigg, NLS, Paris, 2018, p. 23.

[4] Lacan, Jacques, Télévision, A Challenge to the Psychoanalytic Establishment, W. W. Norton & Co., New York/London, 1990, p. 46.

 

 

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Your Tears, They're a Mystery
 

Bruno de Halleux
 

To enter into analysis is to believe in meaning, to believe in the encryption of the unconscious, to believe in a hidden truth which would give a response, a meaning to the question of the subject, who am I?

Thus, the analytic operation is grasped as a long verification, a long process of deciphering the formations of the unconscious with the hope of discovering an ultimate meaning as to what it is that constitutes the analysand’s question.

However, what is discovered at the end of the analysis is a discovery opposed to what formed the very engine of the analytical process. The Other is reduced to its real, the subject liberated from the meaning that he has not stopped seeking throughout the process.

Nevertheless, before concluding with the discovery of an unpredictable real, a real without law, and of an Other freed from meaning, there must be this process of deciphering the formations of the unconscious, there must be this reduction of symptoms to their bone, there must be this final deduction in action of the analysand in order to consent to this effect of real sense.

Thus I grasped an interpretation of the analyst in the final stretch of my cure. Each time that I became closer to some of my primordial signifiers in the unfolding of my words, a torrent of tears prevented me from speaking.

I asked of the analyst the reason for the tears. He didn't respond to me with meaning. He did not refer me to another signifier that would have relaunched me once again into an interminable quest. His response was brief, it was an asemantic interpretation: your tears, they’re a mystery.

I was then in a conclusive moment of the analysis. If these tears are outside sense, then they must be taken for what they are, without any other supplementary signification.

Only the primordial signifiers separated from all possible meaning remained.

There is no longer any intention, no more want-to-say, no more meaning to my master signifiers, there is only the real unconscious which, for its part, falls under an it is thus, an amen which one clearly understands henceforth one will have to know how to do with it, with these signifiers alone, with this real relieved of meaning.

 

Translation by Raphael Montague
 




 

 

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Vos larmes, c'est un mystère

Bruno de Halleux

Entrer en analyse, c’est croire au sens, croire au chiffrage de l’inconscient, croire à la vérité cachée qui donnerait une réponse, un sens à la question du sujet, qui suis-je ?

Ainsi, l’opération analytique est saisie comme une longue vérification, un long processus de déchiffrage des formations de l’inconscient pour y espérer découvrir un sens ultime à ce qui fait la question de l’analysant.

Or, ce qui se découvre au terme de l’analyse, c’est une découverte opposée à ce qui a fait le moteur même du processus analytique. L’Autre est réduit à son réel, le sujet se libère du sens qu’il n’a cessé de chercher tout au long du parcours.

Toutefois, avant de conclure à la découverte d’un réel imprévisible, d’un réel sans loi, d’un Autre affranchi du sens, il y faut ce parcours de déchiffrage des formations de l’inconscient, il y faut cette réduction des symptômes à leur os, il y faut cette déduction finale et en acte de l’analysant pour consentir à cet effet de sens réel.

Ainsi ai-je saisi une interprétation de l’analyste dans la dernière ligne droite de ma cure. Chaque fois que je resserrais dans le déroulement de ma parole quelques-uns de mes signifiants primordiaux, un torrent de larmes m’empêchait de parler.

Je demandai à l’analyste la raison de ces larmes. Il ne me répondit pas avec du sens. Il ne me renvoya pas à un signifiant autre qui m’aurait relancé une fois encore dans une interminable quête. Sa réponse fut brève, elle relève d’une interprétation asémantique : vos larmes, c’est un mystère.

J’étais alors dans un moment conclusif de l’analyse. Si ces larmes sont hors sens, alors il faut les prendre pour ce qu’elles sont, sans autre signification supplémentaire.

Seuls les signifiants primordiaux séparés de tout sens possible restaient.

Il n’y a plus d’intention, plus de vouloir dire, plus de signification à mes signifiants maîtres, il n’y a plus que l’inconscient réel qui, lui, relève d’un c’est ainsi, d’un amen dont on entend bien qu’il va falloir dorénavant savoir y faire avec cela, avec ces signifiants tous seuls, avec ce réel dégagé du sens.




 

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We Interpret the Dream and the Dream Interprets the Real
 

Alexandre Stevens
 

Freud interprets the dream of the dead child that is burning as a double satisfaction: “His sleep, like the child’s life, was prolonged by one moment by the dream.”[1]
 
Lacan’s interpretation of it in Seminar XI is different. What awakens – the reality of what is happening in the adjacent room and the glow of the overturned candle, or this real that arises in the dream, the voice which murmurs this terrible sentence, “Father, don’t you see that I am burning?” Two realities are present here: on the one hand there is the strange reality of the overturned candle that happens “as if by chance”,[2] and on the other there is the reality of the message.
 
In this message, we can certainly grasp the “the weight of the sins of the father”[3] – a reference to Hamlet. This is how we can interpret the dream. But the dream itself interprets a real. There is more reality in this message, Lacan tells us, than in what is happening in the room next door.[4] More reality – that is to say, something that overflows all reality and cannot be absorbed – a real, therefore.
 
“This sentence is itself a firebrand — of itself it brings fire where it falls — and one cannot see what is burning, for the flames blind us to the fact that the fire bears […] on the real.”[5] The flame that awakens the father lets the dreamer sleep once he is awake, if he does not grasp the real that the dream interprets. Lacan’s desire of awakening is about this real and not about an awakening that can let one sleep.
 
Going back to this dream in Seminar XVI, D’un Autre à l’autre, Lacan specifies, “What guides us is certainly not what does this mean?, nor is it what does saying this mean?, but rather what, by saying, does it want?”[6] What matters to us is not the meaning of the dream nor the hidden will of the dreamer, but rather what the dream wants in the saying [le dire] that carries it. This is the ethics of psychoanalysis: to make emerge what the unconscious wants.
 
This is how we can say that the dream interprets the real.

 



Freud, Sigmund, The Interpretation of Dreams, The Standard Edition of the Complete Psychological Works of Sigmund Freud, Vol. V, tr. J. Strachey, Vintage, London, 2001, p. 571.

Lacan, Jacques, The Seminar of Jacques Lacan, Book XI, The Four Fundamental Concepts of Psychoanalysis, tr. A. Sheridan, W. W. Norton & Co., New York/London, 1998, p. 69.

Ibid., p. 34.

4 Cf. ibid., p. 58.

5 Ibid., p. 59.


6 [“ce qui nous guide, ce n’est certes pas qu’est-ce que cela veut dire ?, et non plus qu’est-ce qu’il veut pour dire cela ?, mais qu’est-ce que, à dire, ça veut ?”], Lacan, Jacques, Le Séminaire, livre XVI, D’un autre à l’Autre, Seuil, Paris, 2006, p. 198.
 

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On interprète le rêve et le rêve interprète le réel

Alexandre Stevens

Freud interprète le rêve de l’enfant mort qui brûle comme une double satisfaction : « Le sommeil du père, tout comme la vie de l’enfant est prolongé d’un moment par le rêve[1]. »

L’interprétation qu’en fait Lacan dans le Séminaire XI est différente. Ce qui réveille, est-ce la réalité de ce qui se passe dans la chambre voisine, la lueur du cierge renversé, ou ce réel qui surgit dans le rêve, la voix qui murmure cette terrible phrase « Père, ne vois-tu pas que je brûle ? » Nous avons là deux réalités présentes : d’une part l’étrange réalité du cierge renversé, qui arrive là « comme par hasard
[2] », et d’autre part la réalité de ce message.

Dans ce message on peut certes saisir le « poids des péchés du père
[3] » — c’est une référence à Hamlet. C’est ainsi qu’on peut interpréter le rêve. Mais le rêve lui-même interprète un réel. Il y a dans ce message plus de réalité, nous dit Lacan, que dans ce qui se passe dans la pièce voisine.[4] Plus de réalité, c’est-à-dire quelque chose qui déborde toute réalité de ne pouvoir s’y résorber, un réel donc.

« Cette phrase elle-même est un brandon — à elle seule elle porte le feu là où elle tombe — et on ne voit pas ce qui brûle, car la flamme nous aveugle sur le fait que le feu porte […] sur le réel
[5]. » La flamme qui réveille le père laisse le rêveur dormir une fois réveillé, s’il ne saisit pas le réel qu’interprète le rêve. Le désir de réveil de Lacan porte sur ce réel et non sur un réveil qui peut laisser dormir.

Reprenant ce rêve dans le Séminaire XVI, D’un Autre à l’autre, Lacan précise : “ce qui nous guide, ce n’est certes pas qu’est-ce que cela veut dire ?, et non plus qu’est-ce qu’il veut pour dire cela ?, mais qu’est-ce que, à dire, ça veut ?
[6] Ce qui nous importe n’est pas le sens du rêve, ni la volonté cachée du rêveur, mais ce que veut le rêve dans le dire qui le porte. C’est cela l’éthique de la psychanalyse : faire émerger ce que l’inconscient veut.

C’est en cela qu’on peut dire que le rêve interprète le réel.




1 Freud, Sigmund, L’interprétation du rêve, tr. J.-P. Lefebvre, PUF, Paris, 2010, p. 614.

2 Lacan, Jacques, Le Séminaire, livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Seuil, Paris, 1973, p. 66.

3 Ibid., p. 35.

4 Cf. ibid., p. 57.

5Ibid., p. 58.

6 Lacan, Jacques, Le Séminaire, livre XVI, D’un autre à l’Autre, Seuil, Paris, 2006, p. 198.

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Une question de Lanzmann, deux jaculations de Karski


Marco Mauas

 

À la projection de son film, Le rapport Karski, nous avons écouté Claude Lanzmann lire quelques mots d’introduction. Jan Karski fut un envoyé spécial, envoyé par Cyryl Ratajski du gouvernement de Pologne afin d’éclairer la situation dans le ghetto de Varsovie ainsi que celle des juifs en Pologne et dans les camps de concentration. Dans son introduction, la question de Lanzmann est particulièrement notable, prononcée avec décision et perplexité : « Qu’est ce que veut dire, 'savoir' ? »

 

En effet, à son retour, Karski trouva que son rapport fut irrecevable par la majorité. Le Président Roosevelt interrompit brusquement les détails des atrocités du ghetto de Varsovie pour lui poser une question sur la situation des chevaux en Pologne. Un rabbin très important de la communauté américaine doute de la véracité de ce témoignage. À la fin du film, nous voyons Karski, déjà installé aux États-Unis comme professeur d’histoire comparée à l’Université de Georgetown, déclare qu’il ne comprend pas ce qu’il a vu de ses propres yeux en Pologne, qu’il croit que c’est complètement incompréhensible pour la capacité humaine.

 

Deux jaculations

 

Une chaîne brisée, qui ne fait pas chaîne, pourrait s’approcher de la formule jaculatoire minimale que Lacan propose pour la psychanalyse dans son dernier enseignement. La jaculation comme dire répond au fait qu’il y a une dimension hybride de l’inconscient à tenir en compte, du signifiant et de la lettre en même temps, deux versants que Lacan opposa tout au long de son enseignement.[1]

 

Quand Lanzmann lit sa question, « Qu’est ce que veut dire, 'savoir' ? », c’est d’avoir constaté, pour son propre compte (il avait coupé le témoignage de Karski lors de la première version de son film, Shoah) qu’il y a un trop de réel qui « sinthomatise » son œuvre d’artiste du cinéma. Ce réel est inassimilable aussi pour Karski. Karski, à son tour, fait deux jaculations étranges lors d’un reportage[2]le 9 février 1995 à sa maison. Il s’agit de deux phrases, dont on peu apprécier comment la prise en charge d’un réel force vers une rupture, un mentir minimale. Je cite :

 

« Question : Il était beaucoup plus facile pour l’Allemagne nazie de tuer des Juifs que c’était pour la Grande Bretagne ou les États-Unis de les sauver. Êtes-vous d’accord ? Pourquoi ?

 

Karski : Il était facile pour les Nazies de tuer les Juifs parce qu’ils l’ont fait. Les alliés ont jugé impossible et trop coûteux de sauver les Juifs, car ils ne l’ont pas fait. »

 



 



1Laurent, Éric, « L'interprétation
de la vérité à l’événement », texte d’orientation du congrès 2020 de la NLS, http://www.amp-nls.org/page/fr/170/le-congrs


2 https://remember.org/educate/hrintrvu

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A Question from Lanzmann, Two Jaculations from Karski


Marco Mauas

Before the projection of his film, The Karski Report, we listened to Claude Lanzmann read a few words of introduction. Jan Karski was a secret envoy sent by Cyryl Ratajski of the Polish government to shed light on the situation in the Warsaw Ghetto and also on that of the Jews in Poland and in the concentration camps. In his introduction, Lanzmann's question, pronounced with decision and perplexity, is particularly notable: “What does it mean, 'to know'?”

In fact, on his return Karski found that his report was inadmissible by most. President Roosevelt abruptly interrupted the details of the Warsaw Ghetto atrocities to ask him about the situation of horses in Poland. An important rabbi of the American community doubted the veracity of this testimony. At the end of Lanzmann’s film, Karski, by then installed in the United States as a Professor of Comparative History at Georgetown University, declares that he does not understand what he saw with his own eyes in Poland, and that he believes it is completely incomprehensible to human intelligence.


Two jaculations

A broken chain, which does not form a chain, could approach the minimal jaculatory formula that Lacan proposes for psychoanalysis in his last teaching. Jaculation as saying responds to the fact that there is a hybrid dimension of the unconscious to take into account: the signifier and the letter at the same time, two sides that Lacan opposed throughout his teaching.[1]

When Lanzmann reads his question, “What does it mean, 'to know'?”, he had discovered on his own (he had cut Karski’s testimony from the first version of his film, Shoah) that there is too much real that “sinthomatizes” his work as film artist. This real is also unassimilable for Karski, making its strange appearance in two jaculations of his own during an interview
[2] at his home on February 9, 1995. Here are the two sentences, in which we can appreciate how taking charge of a real can force a break, a minimal lie. I quote:

"Question: It was far easier for Nazi Germany to kill Jews than it was for Britain or the U. S. to rescue them. Do you agree? Why or why not?

Karski: It was easy for the Nazis to kill Jews, because they did it. The allies considered it impossible and too costly to rescue the Jews, because they didn’t do it."






1 Laurent, Éric, “Interpretation: From Truth to Event”, Orientation Text of the NLS Congress 2020, http://www.amp-nls.org/page/gb/170/the-congress


2 https://remember.org/educate/hrintrvu

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