Programme d'études cliniques

Programme d'études cliniques du Québec 2016-2017 : inscriptions jusqu'au 15 septembre 2016

 

Bandeau Programme clinique

 

Qu’est-ce que le Programme d'études cliniques?

Orienté par l’enseignement de Jacques Lacan, le Programme d'études cliniques vise dans ses objectifs l'enseignement de la psychanalyse, tant théorique que clinique.

Le Programme d'études cliniques s’adresse à des psychologues, psychiatres, psychothérapeutes, en formation, des soignants ou des intervenants en « santé mentale », ainsi qu’à des analysants, qui décident d’orienter leur pratique à partir de la psychanalyse.

Le Programme d'études cliniques s'inscrit dans l'espace de l'Institut du Champ Freudien et de l'Association UFORCA, rattachée à l'Union pour la Formation Continue en Clinique Analytique pour l'Université Populaire Jacques Lacan (UPJL). De nombreux programmes, antennes et sections cliniques dans plusieurs pays du monde en font partie. Voir le communiqué suivant :
http://www.amp-nls.org/page/fr/49/nls-messager/0/2013-2014/1493

Les activités ont lieu de septembre à juin de chaque année.

Admission

Sur dossier et entretien préalable.

Au-delà de tout critère administratif, les admissions sont prononcées au un par un après un entretien du candidat avec un des responsables du Programme d'études cliniques.

Pour faire la demande, il est nécessaire d’avoir un diplôme de niveau universitaire ou en cours d'acquisition.

Il n’y a pas de limite d’âge pour solliciter l’admission.

La demande d’admission doit être adressée, avec lettre de motivation et curriculum vitae, avant le 15 septembre 2016, à Anne Béraud :

anne.beraud@pontfreudien.org

Une attestation de participation au programme sera remise aux participants s’ils ont rempli les conditions exigées (d'avoir participer à la totalité du programme).

La participation au Programme d'études cliniques n’autorise pas la pratique psychanalytique et ne confère pas un titre de psychanalyste.

Tarif d'inscription

  • Régulier : 490$
  • Étudiants : 290$
  • Membres de NLS-Qc : 290$

Ces tarifs comprennent l'inscription à l'ensemble des activités incluses dans le Programme d'études cliniques.
Chèque à faire à l'ordre de NLS-Québec et à envoyer à :
Benjamin Mortagne
1785 rue Saint Christophe
Montréal, QC, H2L 3W9

Programme pour l’année 2016-2017

  1. Séminaire théorique : La clinique des névroses
  2. Rencontres cliniques avec patients
  3. Séminaire mensuel organisé par le Pont Freudien
  4. Les deux rencontres annuelles du Pont Freudien
  5. Journées d’étude de NLS-Qc
  6. La matinée des cartels

icone bleu petit1. Séminaire : La clinique des névroses

 

Durée : 2 ans.

Description

Étude du Séminaire IV La relation d'objet, de Jacques Lacan.
En 1956-57, Lacan tient son séminaire sous un titre paradoxal : La relation d’objet, terme alors très en vogue chez les post-freudiens anglo-saxons et qu’il ne va cesser de critiquer.

Lacan annonce dès la première leçon qu’il faut compléter son titre d’une deuxième partie : et les structures freudiennes. C’est donc avec l’hypothèse structuraliste de l’inconscient que Lacan s’avance contre les tenants de la relation d’objet en en déduisant : il n’y a de relation qu’au manque d’objet.
C’est la fonction de la castration qui organise le rapport du sujet à l’objet sous le mode du manque. Cette fonction objecte à la considération que la relation à l’objet est une adaptation du moi à la réalité.

Il s'agit de la poursuite par Lacan de l'élaboration de la fonction paternelle par la métaphore. L’année précédente, à partir des psychoses, il avait montré les conséquences de l’échec de la métaphore paternelle en la nommant forclusion, et cette fois il aborde les limites de cette métaphore paternelle par la clinique de la phobie principalement. Le cas du Petit Hans, avec sa phobie du cheval, sera examiné en détail. Nous verrons que la castration a "tout autant de rapport avec la mère qu'avec le père".

La figure de la mère devient centrale dans ce Séminaire. Ce n’est pas la mère qui donne les soins à l’enfant, mais c’est la mère en tant que femme sexuée, cherchant dans l’enfant la réponse à son manque phallique. L’enfant tente de répondre à ce manque en s'identifiant au phallus imaginaire, mais son insuffisance rend bien vite la mère inquiétante voire terrifiante ; c’est la mère « inassouvie » (titre du chapitre XI), dont la demande illimitée montre la carence du père, et ouvrant la voie au fantasme d'être dévoré. Cet abord implique que l’objet soit à considérer dans son lien au phallus, en tant qu’il le relie au manque et qu’il en sexualise la signification.

Si ce séminaire met en valeur la puissance de la mère, c’est aussi pour montrer que la fonction paternelle ne se réduit pas du tout à la personne du père, carent de structure, ce qui implique une multitude de possibilités de suppléance du père. Ici la fonction de suppléance est reconnue au signifiant de la phobie, mais aussi à la grand-mère paternelle qui fait la loi dans la famille, dans une dérivation féminine du Nom-du-Père.

Ce Séminaire est toujours d'une grande actualité, spécialement pour qui travaille avec des enfants. Les nombreuses références à des cas le rendent très enseignant sur le plan clinique.

 

Pour travailler ce Séminaire IV, une formule de travail est proposée, où il est attendu que le participant y mette du sien dans un travail de cartel.

Un cartel est un petit groupe de travail qui permet une élaboration soutenue et qui possède une structure et un mode de fonctionnement propre. Un cartel est composé de quatre personnes et d'un Plus-Un, davantage expérimenté, dont la fonction est d’assurer le fonctionnement du cartel à partir du travail de chacun et d’interpréter les effets imaginaires du groupe. La durée du cartel est d'un an ou deux ans maximum.

Ainsi, les participants se réuniront en cartels et travailleront le Séminaire IV dans chacun des cartels.

La constitution des cartels se fera par tirage au sort.

Le travail sera réalisé en deux temps :

  • Dans un premier temps, les cartels traiteront des chapitres du Séminaire IV pendant leurs rencontres.
  • Dans le second temps, un enseignant donnera un séminaire pour capitonner (articuler) les chapitres travaillés dans les cartels.

Pour rendre ce séminaire avec l’enseignant plus opérant, les participants enverront préalablement les questions surgies lors de leur travail dans le cartel.

La fréquence des rencontres des cartels reste à la discrétion de chaque cartel.

Lors d'une année, il y aura trois rencontres avec un enseignant.

Dates :

  • mercredi 30 novembre 2016 à 19h ;
  • mercredi 22 février 2017 à 19h ;
  • mercredi 7 juin 2017 à 19h.

icone bleu petit2- Rencontres cliniques avec patients

Fréquence : 3 fois deux semaines de suite dans l'année (donc 6 soirs en tout).

La « présentation de malades » a été au principe même de la formation, depuis le milieu du 19ème siècle, de générations successives de psychiatres et d’infirmiers, puis plus tard de psychologues et de psychanalystes, mais aussi de travailleurs sociaux, bref, de tous ceux que leur fonction destinait à soigner à l’hôpital, comme à accompagner hors de l’hôpital, les « malades mentaux ».

La « présentation de malades » est donc une pratique psychiatrique très ancienne et précieuse, particulièrement à l’école française. Elle est associée au tableau d'André Brouillet, Une leçon clinique du Dr Charcot à la Salpêtrière.

Traditionnellement, cette activité appartenait au strict champ psychiatrique, mais depuis les années 60, elle a été réintroduite par Jacques Lacan, avec les présentations de malades qu’il menait à l’hôpital Ste Anne à Paris. Elle est devenue un instrument du travail psychothérapique à l’hôpital, mais aussi de formation des psychanalystes dans le cadre des Programmes, Antennes et Sections cliniques créés sous les auspices du Département de psychanalyse de Paris VIII.
 

Dans le moment actuel, notamment en Amérique du Nord, on peut constater un certain déclin de la méthode clinique, dans une psychiatrie qui vise plus une définition de la maladie mentale à partir de l’application d’une série d’échelles qu’une référence formelle à la singularité du cas. Il y a donc une perte de référence à la clinique, tant dans la formation que dans la recherche et dans la pratique, qui se trouve de plus en plus réduite autour d’une nosologie limitée à des constellations syndromiques d’items co-occurents, propres aux classifications a-théoriques contemporaines.
 

Le Programme d'études cliniques vise à maintenir vivante la clinique psychanalytique qui se trouve de plus en plus effacée de la psychiatrie, de la psychologie et du champ de la santé mentale. Il ne s’agit donc pas d’une question d’École, mais bien plutôt du souci de soutenir un type d’approche thérapeutique qui reste tout à fait légitime pour la compréhension de la maladie mentale.

La démarche est la suivante. Une équipe soignante propose à un psychanalyste de rencontrer un patient, en présence même de l'équipe et des participants au Programme d'études cliniques. Qu’attendre de cette rencontre ? Pour le patient, c’est une occasion de venir témoigner de ce qui, pour lui, est « impossible à supporter ». Pour l’équipe soignante, des éclairages nouveaux peuvent être apportés sur certaines butées que rencontre la prise en charge. De même, des questions concernant les modalités de la stratégie thérapeutique sont soulevées.

Pour les participants au Programme d'études cliniques, il s’agit de se faire enseigner par les propos du patient à partir des inventions qu’il propose, et pas seulement dans une perspective de vérification, tout en cherchant cependant à repérer au plus près la structure clinique et le diagnostic. Il s'agit donc d'obtenir, à partir des questions du clinicien et du discours du patient, les éléments qui concernent la structure du sujet, au-delà de la phénoménologie.

Cette activité fait partie de la formation clinique.

Une discussion sur la rencontre clinique avec le patient a lieu la semaine suivant la projection. Elle permet d'approfondir l'élaboration du cas et de soulever les questions de la clinique différentielle.
 

Les rencontres cliniques avec des patients du Programme d'études cliniques s'appuient sur des vidéos enregistrées à Paris, à l’hôpital du Val-de-Grâce, lors d'entretiens réalisés par Guy Briole.

Guy Briole est psychanalyste, psychiatre et Professeur à l'hôpital du Val-de-Grâce (ancien directeur de l'École de Médecine du Val-de-Grâce) à Paris. Il est membre de l'École de la Cause Freudienne (ECF) dont il a été le Président (1997-98), de la Escuela Lacaniana de Psicoanálisis (ELP) et de l'Association Mondiale de Psychanalyse (AMP). Il enseigne au département de psychanalyse de l'université Paris VIII. Il fut le coordonnateur de la Red assistencial à Madrid lors des attentats du 11 mars 2004. Il a publié plusieurs ouvrages et il est l'auteur de plus de 500 articles.

Une soirée est réservée à la projection du film de la rencontre avec patient ; et la semaine suivante ou celle d'après, une soirée est réservée à la discussion clinique.

Fréquence : 3 fois deux semaines de suite dans l'année (donc 6 soirs en tout).

Dates :

  • mercredi 26 octobre 2016 à 19h + mercredi 2 novembre 2016 à 19h.
  • mercredi 18 janvier 2017 à 19h + mercredi 1er février 2017 à 19h.
  • mercredi 22 mars 2017 à 19h + mercredi 29 mars 2017 à 19h.

icone bleu petit3- Séminaire mensuel

Fréquence : mensuel.

Durée : un an.

Cette année le séminaire mensuel portera sur la lecture du Séminaire VII de Jacques LACAN: L'éthique de la psychanalyse (parties 3, 4 et 5 "Le paradoxe de la jouissance", "L'essence de la tragédie" et "La dimension tragique de l'expérience analytique", chapitres XIII à XXIV).

Pour plus d’informations, consultez le site web :
http://pontfreudien.org/seminaires

 

Les mercredis de 19h à 21h :
 

    Le paradoxe de la jouissance

  • 28 septembre 2016 : chapitre 13 - Anne Béraud (discutant : Benjamin Mortagne).
  • 12 octobre 2016 : chapitre 14 - Pierre Lafrenière (discutant : Benjamin Mortagne).
  • 16 novembre 2016 : chapitre 16 - Anne Marché Paillé (discutante : Mercedes Rouault).
  • 7 décembre 2016 : chapitre 17 - Fernando Rosa (discutante : Ruzanna Hakobyan).
  • 11 janvier 2017 : chapitre 18 - Fernando Rosa (discutante : Anne Béraud).
    L'essence de la tragédie
  • 8 février 2017 : chapitre 20 - Ruzanna Hakobyan (discutant : Pierre Lafrenière).
  • 15 mars 2017 : chapitre 21 - Anne Marché Paillé (discutante : Eléa Roy).
    La dimension tragique de l'expérience psychanalytique
  • 19 avril 2017 : chapitre 22 - Mercedes Rouault (discutante : Anna Leppert).
  • 17 mai 2017 : chapitre 23 - Mercedes Rouault (discutant : Fernando Rosa).
  • 31 mai 2017 : chapitre 24 - Anne Béraud (discutante : Eléa Roy).

Le chapitre 15 sera commenté par l'invitée du Pont Freudien : Silvia Tendlarz, le 23 octobre 2016.
Le chapitre 19 sera commenté par l'invité du Pont Freudien : Marcus André Vieira, le 22 janvier 2017.

icone bleu petit4- Rencontres du Pont Freudien

Fréquence : deux soirs et deux fins de semaine

43ème rencontre : 21, 22, 23 octobre 2016 avec Silvia Elena TENDLARZ : « Masochisme et jouissance féminine ».
  • Conférence : vendredi 21 octobre 2016 à 19h30 : « Pourquoi souffre-t-on de l'amour ? »
    L'amour demande l'amour, et parfois il ne trouve que des malentendus propres au rapport entre les sexes. Pourquoi la demande d'amour peut-elle devenir une souffrance ? Le malheur appartient-il à l'amour ? Comment se produit le miracle de l'amour entre les partenaires ?
  • Séminaire théorique : samedi 22 octobre de 9h30 à 13h : « Masochisme et jouissance féminine ».
    Les femmes jouissent-elles des malheurs du rapport avec le partenaire ? Les post-freudiens ont développé la théorie du masochisme féminin. Lacan l'a plutôt mis du côté des ravages du rapport avec le partenaire. Quelle place donc pour la jouissance féminine ?
  • Séminaire clinique : samedi 22 octobre de 14h30 à 17h : exposé de deux cas cliniques par Ana Rengel et Mercedes Rouault, commentés par S. Tendlarz.
  • Séminaire de lecture : dimanche 23 octobre de 10h à 13h : chapitre 15 du Séminaire VI I L'éthique de la psychanalyse, de Jacques Lacan.

44ème rencontre :  20, 21, 22 janvier 2017 avec Marcus André VIEIRA : « "C'est plus fort que moi !"  - il y a t-il un moyen de savoir-y-faire avec ses passions ? »

  • Conférence : vendredi 20 janvier 2017 à 19h30 : « "C'est plus fort que moi !"  - il y a t-il un moyen de savoir-y-faire avec ses passions?» 
  • Séminaire théorique : samedi 21 janvier de 9h30 à 13h : « Sur la rhétorique des passions: L'affect, le corps et l'incorporel »
  • Séminaire clinique : samedi 21 janvier de 14h30 à 17h.
  • Séminaire de lecture : dimanche 22 janvier de 10h à 13h : chapitre 19 du Séminaire VI I L'éthique de la psychanalyse, de Jacques Lacan.

Programme complet à venir.

Pour plus d’informations, consultez le site web : http://pontfreudien.org/

icone bleu petit5- Journées d’étude de NLS-Québec

Date : Samedi 8 et dimanche 9 avril 2017.

Journées d'étude théorico-clinique : « Autour de l’inconscient - Place et interprétation des formations de l’inconscient dans les cures psychanalytiques ».
Samedi 8 avril 2017 : 9h30-17h30.
Dimanche 9 avril 2017 : 9h30-13h30.

5 présentations de cas cliniques, des cas en analyse, des cas rencontrés en institution, seront discutés.
Des exposés théoriques.
Invités : Luc VANDER VENNET + Véronique VORUZ, AE (Analyste de l'École).


Pour plus d’informations, consultez le site web : http://nls-quebec.org/

icone bleu petit6- Matinée des cartels

Date : Samedi 24 septembre 2016 de 10h à 13h.

Matinée qui constitue le point d'orgue du travail en cartel, puisque c'est le lieu où sont exposés les travaux des cartellisants.

À chaque rentrée du mois de septembre, une matinée des cartels a lieu.

Pour plus d’informations, consultez : http://nls-quebec.org

Les enseignants :

  • Anne Béraud. Psychanalyste à Montréal. Membre de la New Lacanian School (NLS) et de l'Association Mondiale de Psychanalyse (AMP). DESS de psychologie clinique et psychopathologie à l'Université Paris X. Co-fondatrice du Pont Freudien et Vice-Présidente de NLS-Québec. Enseignante dans le cadre des séminaires mensuels du Pont Freudien. Auteure de plus d'une trentaine d'articles publiés dans six langues.
  • Ruzanna Hakobyan. Psychanalyste à Montréal. Membre de la New Lacanian School (NLS) et de l'Association Mondiale de Psychanalyse (AMP). Présidente de NLS-Québec. Enseignante dans le cadre des séminaires mensuels du Pont Freudien. Auteure de plusieurs articles.
  • Mercedes Rouault. Psychiatre. Psychanalyste. DEA de psychanalyse à l'Université Paris 8. Ancienne enseignante au CID (Centro de Investigación y Docencia) de la NEL (Nueva Escuela Lacaniana) à Caracas et à Bogota. Enseignante dans le cadre des séminaires mensuels du Pont Freudien.

Les enseignants invités :

  • Silvia Elena Tendlarz. Psychanalyste à Buenos Aires (Argentine) (AME). Analyste Membre de la Escuela de Orientacion Lacaniana (EOL), de l’École de la Cause Freudienne (ECF) et de l'Association Mondiale de Psychanalyse (AMP). Docteur en psychologie (Université du Salvador, Buenos Aires) et en psychanalyse (Université Paris VIII). Professeure de la chaire clinique de l'autisme et de la psychose dans l'enfance (Université de Buenos Aires) et professeure titulaire de Psychopathologie de l'Université du Musée Social Argentine. Enseignante à l'Institut clinique de Buenos Aires et à la maîtrise en psychanalyse à l'Université de San Martin. Directrice de la Collection Diva. Auteure de nombreux livres.
  • Marcus André Vieira. Psychiatre, psychanalyste à Rio de Janeiro (Brésil) (AME) (AE de l'EBP : 2012-2015). Analyste Membre de l'Escola Brasileira de Psicanálise (EBP) dont il fut président, et de l'Association Mondiale de Psychanalyse (AMP), dont il est conseiller. Professeur à l'Université Catholique de Rio (PUC-Rio), Docteur en psychanalyse (Paris VIII). Auteur de nombreux articles et livres (en français, L’éthique de la Passion, PURennes). Directeur du congrès de l'AMP en avril 2016 à Rio. 
  • Luc Vander Vennet. Psychanalyste à Gand (Belgique) (AME). Analyste Membre de la New Lacanian School (NLS) et de l'Association Mondiale de Psychanalyse (AMP). Enseignant au Programme clinique Psychanalytique à Gand (Belgique). Diplômé en psychologie.
  • Véronique Voruz. Psychanalyste à Londres (Angleterre) (AE de la NLS : 2015-2018). Membre de la New Lacanian School (NLS), de l’École de la Cause Freudienne (ECF) et de l'Association Mondiale de Psychanalyse (AMP). Directrice du Master de Psychanalyse de l'université de Kingston, Londres. Rédactrice de la revue anglophone The Lacanian Review : http://www.thelacanianreviews.com/

Bloc bleu petit

Prologue de Guitrancourt

par Jacques-Alain Miller

« Nulle part au monde il n’y a de diplôme de psychanalyste. Et non pas par hasard, ou par inadvertance, mais pour des raisons qui tiennent à l’essence de ce qu’est la psychanalyse.
 

On ne voit pas ce que serait l’épreuve de capacité qui déciderait du psychanalyste, alors que l’exercice de la psychanalyse est d’ordre privé, réservé à la confidence que fait le patient à un analyste du plus intime de sa cogitation.

Admettons que l’analyste y réponde par une opération, qui est l’interprétation, et qui porte sur ce que l’on appelle l’inconscient. Cette opération ne pourrait-elle faire la matière de l’épreuve? – d’autant que l’interprétation n’est pas l’apanage de la psychanalyse, que toute critique des textes, des documents, des inscriptions, l’emploie aussi bien. Mais l’inconscient freudien n’est constitué que dans la relation de parole que j’ai dite, ne peut être homologué en dehors d’elle, et l’interprétation psychanalytique n’est pas probante en elle-même, mais par les effets, imprévisibles, qu’elle suscite chez celui qui la reçoit, et dans le cadre de cette relation même. On n’en sort pas.

Il en résulte que c’est l’analysant qui, seul, devrait être reçu pour attester la capacité de l’analyste –, si son témoignage n’était faussé par l’effet de transfert, qui s’installe aisément d’emblée. Cela fait déjà voir que le seul témoignage recevable, le seul à donner quelque assurance concernant le travail qui s’est fait, serait celui d’un analysant après transfert, mais qui voudrait encore servir la cause de la psychanalyse.
 

Ce que je désigne là comme le témoignage de l’analysant est le nucleus de l’enseignement de la psychanalyse, pour autant que celui-ci réponde à la question de savoir ce qui peut se transmettre au public d’une expérience essentiellement privée.
 

Ce témoignage, Jacques Lacan l’a établi, sous le nom de la passe (1967); à cet enseignement, il a donné son idéal, le mathème[1] (1974). De l’une à l’autre, il y a toute une gradation : le témoignage de la passe, encore tout grevé de la particularité du sujet, est confiné à un cercle restreint, interne au groupe analytique; l’enseignement du mathème, qui doit être démonstratif, est pour tous – et c’est là que la psychanalyse rencontre l’Université.
 

L’expérience se poursuit en France, à Paris, depuis quatorze ans. Elle est à l’origine de la création de plusieurs Sections cliniques en France et en Europe.
 

Il me faut dire clairement ce que cet enseignement est, et ce qu’il n’est pas.
 

  • Il est universitaire; il est systématique et gradué; il est dispensé par des responsables qualifiés; il est sanctionné par des diplômes.
  • Il n’est pas habilitant quant à l’exercice de la psychanalyse.

L’impératif formulé par Freud qu’un analyste soit analysé, a été non seulement confirmé par Lacan, mais radicalisé par la thèse selon laquelle une analyse n’a pas d’autre fin que la production d’un analyste. La transgression de cette éthique se paie cher – et à tous les coups, du côté de celui qui la commet.
 

Que ce soit à Paris, à Bruxelles ou à Barcelone, que ses modalités soient étatiques ou privées, il est d’orientation lacanienne. Ceux qui le reçoivent sont définis comme des participants : ce terme est préféré à celui d’étudiant, pour souligner le haut degré d’initiative qui leur est donné – le travail à fournir ne leur sera pas extorqué : il dépend d’eux; il sera guidé, et évalué.

Il n’y a pas de paradoxe à poser que les exigences les plus strictes portent sur ceux qui s’essayent à une fonction enseignante dans le Champ freudien sans précédent dans son genre : puisque le savoir, s’il prend son autorité de sa cohérence, ne trouve sa vérité que dans l’inconscient, c’est-à-dire d’un savoir où il n’y a personne pour dire « je sais », ce qui se traduit par ceci, qu’on ne dispense un enseignement qu’à condition de le soutenir d’une élaboration inédite, si modeste soit-elle.

On commence, en Espagne comme en Belgique, par la partie clinique de cet enseignement.

La clinique n’est pas une science, c’est-à-dire un savoir qui se démontre; c’est un savoir empirique, inséparable de l’histoire des idées. En l’enseignant, nous ne faisons pas que suppléer aux défaillances d’une psychiatrie à qui le progrès de la chimie fait souvent négliger son trésor classique; nous y introduisons aussi un élément de certitude (le mathème de l’Hystérie).

Les présentations de malades viendront demain étoffer cet enseignement. Le domaine dit en France des études approfondies, et dont le ressort est la rédaction d’une thèse de doctorat, s’ajoutera plus tard. Conformément à ce qui fut jadis sous la direction de Lacan, nous procéderons pas à pas. »

 

Jacques-Alain Miller, 15 août 1988.
 

[1] Du grec mathema, ce qui s’apprend.

 

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